Recettes rapides au blender : soupes crues, sauces, houmous


Une portion de soupe crue épinards-avocat apporte 238 kcal, 4,25 g de protéines et 20,7 g de lipides : la moitié d’un avocat et une cuillère d’huile pèsent bien plus lourd que les 200 g d’épinards. Un houmous préparé avec des pois chiches en boîte contient 0,46 g de sel pour 100 g ; le même houmous fait avec des pois chiches cuits maison en contient 0,04 g, onze fois moins, pour la même densité énergétique. Ces chiffres viennent du calcul des trois recettes de cette page sur la table de composition Ciqual 2020 de l’ANSES, et ils changent la façon de doser.

Le blender ne rend pas un aliment plus sain. Il change sa texture, sa vitesse d’ingestion, parfois sa glycémie, et il déplace les risques microbiologiques vers des endroits inattendus : l’ail conservé dans l’huile, le tahin du bocal, les légumineuses crues. Cette page donne les trois recettes, leurs valeurs calculées, ce que le mixage change réellement d’après les essais disponibles, et les quelques règles de sécurité qui méritent d’être connues.

Ce que les trois recettes apportent réellement

Les valeurs ci-dessous proviennent de la table Ciqual 2020 de l’ANSES, appliquée aux quantités exactes indiquées plus bas. L’énergie manquante pour certains ingrédients a été recalculée avec les facteurs de conversion de l’annexe XIV du règlement (UE) 1169/2011 (protéines et glucides 4 kcal/g, lipides 9 kcal/g, fibres 2 kcal/g).

PréparationPortionÉnergieProtéinesLipidesFibresSel
Soupe crue épinards-avocat355 g (1 bol)238 kcal4,25 g20,7 g5,6 g0,21 g
Sauce tomate crue100 g38 kcal0,96 g2,07 g1,37 g0,01 g
Houmous, pois chiches en boîte100 g182 kcal6,85 g9,85 g5,08 g0,46 g
Houmous, pois chiches maison100 g172 kcal7,82 g7,77 g6,63 g0,04 g

Trois lectures s’imposent. La soupe crue est un plat gras : 20,7 g de lipides par bol, dont 19,9 g viennent de l’avocat et de l’huile d’olive, et seulement 0,8 g des épinards. Ses protéines représentent 7,1 % de la valeur énergétique, sous le seuil de 12 % qui permet en Suisse de parler de source de protéines selon l’annexe 13 de l’ordonnance du DFI sur l’information sur les denrées alimentaires (OIDAl, RS 817.022.16). Ce n’est pas un plat principal protéiné, et l’article qui le présenterait comme tel se tromperait.

Le houmous, lui, franchit ce seuil : 15,1 % de l’énergie sous forme de protéines dans la version en boîte, 18,2 % dans la version maison. Il atteint aussi le seuil de source de fibres, fixé à 3 g pour 100 g ou 1,5 g pour 100 kcal. Mais seule la version aux pois chiches cuits maison atteint les 6 g pour 100 g de la mention teneur élevée en fibres. L’écart tient entièrement à la conserve : les pois chiches appertisés égouttés contiennent 5,45 g de fibres et 0,54 g de sel pour 100 g, contre 8,2 g de fibres et 0,03 g de sel pour des pois chiches bouillis.

La sauce tomate crue est la seule des trois qui reste vraiment légère : 38 kcal pour 100 g, dont plus de la moitié provient des 10 g d’huile ajoutés. Elle apporte 13,9 mg de vitamine C pour 100 g, soit environ 17 % de la valeur nutritionnelle de référence suisse de 80 mg fixée à l’annexe 10 de l’OIDAl.

Le mixage abaisse la glycémie plutôt qu’il ne l’augmente

L’idée que broyer la fibre alimentaire dégrade la réponse glycémique circule beaucoup. L’essai croisé publié dans Nutrients en 2022 va dans l’autre sens. Vingt adultes jeunes en bonne santé ont consommé, à deux occasions, une pomme gala et des mûres, soit entières, soit passées au blender. Le pic de glycémie et l’aire incrémentielle sous la courbe étaient significativement plus bas après le fruit mixé (p < 0,05), la glycémie à 60 minutes étant marginalement plus basse (p = 0,057). Les auteurs avancent l’hypothèse d’une libération de fibres et de composés nutritifs à partir des pépins de mûre broyés.

Il s’agit d’un essai de vingt personnes sur deux fruits, pas d’une loi générale. Il suffit toutefois à écarter la version alarmiste : mixer un fruit entier n’est pas l’équivalent d’un jus, parce que la fibre reste dans le bol. La différence décisive porte sur ce que l’on retire. Un jus laisse la pulpe de côté ; un smoothie la garde. Le NHS recommande de limiter jus et smoothies à un total combiné de 150 ml par jour et de les consommer au repas, parce que le broyage libère les sucres et expose les dents. Cette limite s’applique aux boissons, pas à une soupe salée ni à une tartinade.

Soupe, boisson, solide : ce qui rassasie et ce qui ne rassasie pas

Une étude de précharge publiée dans Physiology and Behavior a comparé, chez 31 adultes, des versions solides et liquéfiées d’aliments identiques, toutes calibrées à 300 kcal. Les soupes réduisaient la faim et augmentaient la sensation de satiété autant que les aliments solides. La boisson avait l’effet le plus faible des trois. L’apport énergétique de la journée tendait à être plus bas les jours de soupe et le plus élevé les jours de boisson. Les auteurs attribuent l’essentiel de l’effet à des facteurs cognitifs : une soupe est perçue comme un repas, une boisson comme un accompagnement.

La conséquence pratique est concrète. Une soupe crue servie dans un bol, à la cuillère, en début de repas, se comporte comme un plat. La même préparation versée dans un verre et bue debout se comporte comme une boisson, avec un rassasiement plus faible pour la même énergie. Puisque le bol d’épinards-avocat pèse 238 kcal, le contenant n’est pas un détail décoratif.

Soupe crue aux épinards et à l’avocat

Pour deux bols de 355 g. Comptez dix minutes.

  • 200 g de feuilles d’épinards frais
  • 1 avocat mûr (environ 145 g de pulpe)
  • 1 gousse d’ail (5 g)
  • 50 g d’oignon (facultatif)
  • 25 g de jus de citron, soit un demi-citron
  • 10 g d’huile d’olive
  • 275 g d’eau froide ou de bouillon de légumes refroidi
  • Sel, poivre, herbes fraîches

Rincez les épinards à l’eau froide et essorez-les. Dénoyautez l’avocat, épluchez l’ail et l’oignon. Mettez d’abord les éléments les plus mous, avocat et citron, au fond du bol : le tourbillon s’amorce mieux et le moteur force moins. Ajoutez les épinards par poignées, mixez à vitesse lente puis montez en vitesse. Versez l’eau progressivement jusqu’à la texture voulue. Salez en fin de course, en goûtant : le sel appelle le sel, et la recette apporte déjà 0,21 g par bol avant assaisonnement.

Ce bol apporte 48 mg de vitamine C, soit 60 % de la valeur de référence suisse, et 270 µg de folates, soit 135 %. Il apporte aussi 535 µg de vitamine K1 par portion, soit plus de sept fois la valeur de référence de 75 µg. Pour la quasi-totalité des gens, cette teneur ne pose aucun problème. Elle en pose un pour les personnes traitées par un antivitamine K comme la warfarine ou l’acénocoumarol : le NHS indique que les aliments riches en vitamine K influencent l’action du médicament, qu’il n’est pas nécessaire de les supprimer, mais qu’un changement important d’habitude alimentaire doit être discuté avec le service qui suit l’anticoagulation. Ajouter d’un coup un grand bol d’épinards crus quotidien à un traitement stabilisé est exactement le genre de changement dont il s’agit.

Deux ajustements utiles. Pour rendre le plat protéiné, ajoutez 60 g de pois chiches cuits ou 30 g de tofu soyeux avant de mixer : les protéines passent alors au-dessus du seuil de 12 % de l’énergie. Pour l’alléger, réduisez l’avocat à la moitié et compensez la texture avec 30 g de courgette crue.

Sauce tomate crue

Pour environ 555 g de sauce, de quoi accompagner quatre assiettes de pâtes.

  • 480 g de tomates bien mûres, soit quatre tomates moyennes
  • 1 gousse d’ail (5 g)
  • 55 g d’oignon rouge (facultatif)
  • 5 g de basilic frais
  • 10 g d’huile d’olive
  • Sel, poivre

Lavez les tomates, retirez le pédoncule et coupez-les en quartiers. Un blender peu puissant hachera mieux des morceaux réguliers de trois centimètres qu’une tomate entière. Mixez par impulsions courtes plutôt qu’en continu : une sauce crue mixée trop longtemps s’émulsionne, pâlit et prend un goût de mousse. Ajoutez le basilic en toute fin, moteur presque arrêté, pour éviter qu’il ne noircisse.

L’acidité pose la vraie question de goût. Une pincée de sucre la masque mais n’apporte rien ; une tomate plus mûre ou 20 g de poivron rouge cru font le même travail avec des sucres qui étaient déjà dans le légume. Si la sauce reste agressive, c’est en général que les tomates sont trop fermes.

Cette sauce se conserve deux jours au réfrigérateur, dans un bocal fermé, en bas de l’appareil. Elle ne contient ni acidifiant ajouté ni traitement thermique ; ce n’est pas une conserve, et elle ne se congèle pas bien, l’eau de la tomate cristallisant en donnant une texture farineuse au décongelage.

Houmous au blender

Pour environ 570 g, soit quatorze portions de 40 g.

  • 400 g de pois chiches cuits, égouttés
  • 60 g de tahin
  • 40 g de jus de citron
  • 1 à 2 gousses d’ail (10 g)
  • 60 g d’eau glacée
  • Sel, poivre, cumin

Commencez par fouetter le tahin, le jus de citron et l’eau glacée seuls, sans les pois chiches, jusqu’à obtenir une crème pâle. Le tahin contient 53,4 g de lipides pour 100 g ; émulsionné avec l’acide et l’eau froide avant l’ajout de l’amidon, il donne une texture nettement plus légère qu’un mixage global. Ajoutez ensuite les pois chiches et l’ail, et mixez au moins deux minutes en raclant les parois.

Retirer les pellicules des pois chiches améliore la finesse et rien d’autre : les fibres qu’elles contiennent restent, à quelques dixièmes de gramme près, dans la préparation, puisqu’elles sont surtout dans le cotylédon.

Le choix des pois chiches décide de deux valeurs. Avec des pois chiches en boîte, cette recette donne 182 kcal, 6,85 g de protéines, 5,08 g de fibres et 0,46 g de sel pour 100 g. Avec des pois chiches secs trempés et cuits sans sel, elle donne 172 kcal, 7,82 g de protéines, 6,63 g de fibres et 0,04 g de sel. La conserve fait gagner quarante minutes de cuisson et coûte onze fois plus de sel. Rincer abondamment les pois chiches en boîte réduit une partie de ce sel, sans le ramener au niveau du fait maison.

Une portion de 40 g de la version maison apporte 69 kcal, 3 g de protéines, 2,1 g de fibres et 27 mg de calcium. Rapportée aux 30 g de fibres par jour recommandés par le NHS, dont les adultes n’atteignent en moyenne que 20 g, cette portion couvre 7 % de la cible. Le houmous est un bon aliment, pas un raccourci.

Le tahin est le point sensible de cette recette

Deux épidémies documentées ont eu pour vecteur du tahin, et dans les deux cas c’est du houmous qui a rendu malade. En novembre 2012, la Nouvelle-Zélande a enregistré 27 cas de salmonellose portant sur trois sérotypes, dont 16 avec un profil d’électrophorèse indistinguable de celui isolé dans du tahin importé ; l’épisode a cessé après retrait commercial et rappel. Aux États-Unis en 2011, 23 cas de Salmonella Bovismorbificans répartis sur sept États et le district de Columbia ont été rattachés à du tahin utilisé dans le houmous d’un restaurant.

La graine de sésame est un produit sec, pauvre en eau, que l’on n’associe pas spontanément à un pathogène. C’est précisément ce qui rend le vecteur efficace : le tahin ne subit aucune cuisson dans une recette de houmous, il est consommé tel quel, et une contamination survenue à la torréfaction ou au broyage traverse toute la chaîne. Les conséquences pratiques sont simples : achetez le tahin auprès d’un distributeur soumis aux contrôles suisses habituels, respectez la date sur le bocal, conservez le bocal entamé au réfrigérateur, et ne prélevez jamais avec une cuillère déjà passée dans un autre plat.

Le houmous fini est un produit à activité de l’eau élevée, donc favorable à la croissance microbienne. Une étude publiée dans Foods en 2023 a suivi du houmous prêt à consommer conservé à 4 degrés : la durée de conservation du témoin était d’environ 19 jours, portée à environ 25 jours avec 5 % de vinaigre et à environ 30 jours avec ail et vinaigre, les traitements vinaigrés obtenant 2,2 à 3,2 log de réduction de la flore aérobie totale à 21 jours. Ces valeurs concernent un produit fabriqué et emballé dans des conditions industrielles. Un houmous maison, préparé dans un bol non stérile, avec des mains et un couteau, n’a pas ce comportement : trois jours au réfrigérateur constituent une limite raisonnable, et le jus de citron y contribue davantage comme acidifiant que comme arôme.

Ail dans l’huile : le risque le plus souvent ignoré

L’habitude de conserver de l’ail haché sous une couche d’huile, très pratique quand on mixe souvent, a un antécédent précis. En février 1989, trois cas de botulisme sont survenus aux États-Unis après consommation d’un pain à l’ail préparé avec un produit d’ail dans l’huile ; le reste du produit affichait un pH de 5,7 et contenait des concentrations élevées de Clostridium botulinum et de toxine. C’était le deuxième épisode lié à un produit de ce type, et il a conduit l’autorité américaine à exiger l’ajout d’inhibiteurs microbiens ou d’acidifiants. Un épisode antérieur, parti de Vancouver, avait touché 36 personnes par de l’ail haché commercial dans de l’huile de soja.

Le mécanisme est documenté dans le Bad Bug Book de la FDA : presque tout aliment dont le pH dépasse 4,6 peut permettre la croissance de C. botulinum et la production de toxine, et il faut 4 à 5 % de sel pour inhiber les spores. L’ail cru est peu acide, l’huile crée un milieu privé d’oxygène, et le réfrigérateur ralentit sans arrêter. Gardez l’ail sec et entier, épluchez au moment de mixer. Si vous voulez une réserve d’ail prêt à l’emploi, congelez-le en portions plutôt que de le noyer dans l’huile.

Deux autres points de sécurité valent d’être notés. Le miel ne doit pas être donné avant l’âge de 12 mois : c’est le seul réservoir alimentaire du botulisme du nourrisson établi par des études de laboratoire et épidémiologiques. Et les légumineuses ne se mixent jamais crues, ce qui mérite un développement à part.

Les légumineuses crues ne passent pas au blender

L’idée d’une tartinade de haricots rouges ou de lentilles simplement trempés, puis mixés, revient régulièrement dans les recettes crues. Elle est dangereuse pour les haricots. La phytohémagglutinine, une lectine, est présente dans les haricots rouges crus à 20 000 à 70 000 unités d’hémagglutination, contre 200 à 400 après cuisson complète. Quatre à cinq haricots crus suffisent à déclencher des symptômes, qui apparaissent une à trois heures après ingestion : nausées violentes, vomissements sévères, puis diarrhée. Dans les sept épisodes britanniques survenus entre 1976 et 1979, le taux d’atteinte était de 100 % des personnes exposées.

La cuisson détruit la toxine, à condition d’être vraie. Le trempage d’au moins cinq heures, l’eau jetée, puis une ébullition d’au moins trente minutes constituent la marche à suivre. Les mijoteuses électriques sont explicitement déconseillées pour ces haricots : les plats mesurés y atteignaient souvent 75 degrés seulement, insuffisant pour détruire la lectine, et une température tiède prolongée est pire qu’inutile. Le haricot blanc contient environ un tiers de la toxine du rouge, la fève 5 à 10 %.

Les lentilles corail et les pois chiches posent moins de problème toxicologique, mais l’amidon cru reste indigeste et la texture est granuleuse : cuisez-les. La seule légumineuse qui se mixe crue est le pois chiche germé, et encore, en petite quantité et pour un usage précis.

L’équilibre acido-basique n’est pas un argument

Les recettes de crudités mixées s’accompagnent souvent d’une promesse d’alcalinisation de l’organisme. La revue systématique et méta-analyse publiée dans Nutrition Journal en 2011 a examiné cette hypothèse selon les critères de causalité de Hill : sur 238 études repérées, 55 répondaient aux critères d’inclusion, dont 22 essais randomisés. L’excrétion urinaire de calcium augmente bien avec la charge acide alimentaire, mais les études de bilan ne montrent pas de perte de calcium corporel ; aucune étude n’a mis en évidence de mécanisme fonctionnant au pH physiologique, et aucun essai n’a documenté de progression de l’ostéoporose liée à cette charge. Les auteurs concluent qu’aucune association causale n’est établie et qu’une alimentation alcalinisante ne protège pas l’os.

Une revue systématique publiée dans BMJ Open en 2016 a mené le même exercice sur le cancer : 8278 citations repérées, 252 résumés examinés, une seule étude répondant aux critères, aucun essai randomisé, aucune preuve d’un lien entre alimentation acidifiante, eau alcaline et cancer.

Les légumes crus mixés ont des mérites réels, mesurables en fibres, en potassium, en folates et en vitamine C. Le pH sanguin n’en fait pas partie : il est maintenu dans un intervalle étroit par la respiration et le rein, indépendamment du contenu du bol.

Les cures de jus verts ne sont pas une version intensive du smoothie

Un cas publié dans l’American Journal of Kidney Diseases décrit une néphropathie oxalique aiguë chez une femme de 65 ans, survenue après une cure de jus verts préparés à partir de légumes-feuilles riches en oxalates. Sa fonction rénale était normale avant la cure ; elle a évolué vers l’insuffisance rénale terminale. Deux facteurs prédisposants étaient présents : un antécédent de bypass gastrique et une antibiothérapie prolongée récente.

Un cas isolé n’établit pas une fréquence. Il indique une direction : la consommation concentrée et répétée de végétaux riches en oxalates, sous forme liquide et en remplacement des repas, augmente l’absorption d’oxalate d’une façon que quelques feuilles d’épinards dans une soupe n’atteignent pas. Les personnes ayant une maladie rénale chronique, un antécédent de chirurgie bariatrique ou de calculs d’oxalate de calcium sont concernées en premier lieu, et devraient en parler à leur médecin avant toute cure.

La soupe de cette page, avec 200 g d’épinards répartis en deux bols, ne relève pas de cette catégorie. Une routine de trois grands verres quotidiens d’épinards, blettes et oseille crus pendant deux semaines, oui.

Conservation : les températures, pas les impressions

Les repères sont publics et simples. La Food Standards Agency britannique recommande un réfrigérateur réglé entre 0 et 5 degrés, un congélateur autour de -18 degrés, un maximum de quatre heures hors du réfrigérateur pendant la préparation, et la consommation des restes dans les deux jours ou leur congélation. Un aliment décongelé doit être utilisé dans les 24 heures, et la décongélation se fait au réfrigérateur, pas sur le plan de travail.

En Suisse, l’ordonnance du DFI sur l’hygiène (RS 817.024.1) impose que les denrées prêtes à la consommation susceptibles de favoriser la prolifération de microorganismes pathogènes soient conservées à des températures empêchant ce phénomène, et que la chaîne du froid ne soit pas interrompue. Les produits surgelés se conservent à -18 degrés ou moins, la température des couches superficielles devant rester au maximum à -15 degrés. Ces règles visent les professionnels, mais les températures qu’elles fixent sont les mêmes pour tout le monde.

En pratique : la sauce tomate crue tient deux jours, le houmous maison trois jours, la soupe crue une journée parce que l’avocat brunit et que la texture se sépare. Un bocal en verre facilite le contrôle visuel et se lave à haute température, ce qu’un couvercle plastique poreux ne permet pas toujours. Refroidissez avant de fermer : un récipient fermé chaud garde son contenu longtemps dans la zone de température favorable aux bactéries.

Sept erreurs qui gâchent une préparation au blender

Charger le bol dans le mauvais ordre. Les liquides et les éléments mous au fond, les feuilles et les morceaux durs au-dessus. Sinon la lame tourne dans le vide et le moteur chauffe.

Mixer une sauce crue trop longtemps. L’émulsion pâlit et le goût devient mousseux. Des impulsions courtes suffisent.

Saler avant de goûter. Le houmous en boîte apporte déjà 0,46 g de sel pour 100 g, et l’apport de référence journalier est de 6 g selon l’annexe 10 de l’OIDAl.

Remplacer l’huile d’olive par plus d’huile d’olive. Dans la soupe, 10 g apportent 90 kcal pour presque aucun micronutriment. Si la texture manque, ajoutez de l’avocat ou de la courgette, pas de l’huile.

Conserver de l’ail dans l’huile. Voir plus haut : le pH de l’ail cru et l’absence d’oxygène forment exactement le milieu documenté dans les épisodes de botulisme.

Utiliser une mijoteuse pour des haricots rouges. Elle ne monte pas assez haut pour détruire la lectine.

Confondre soupe et boisson. À énergie égale, l’une rassasie comme un plat, l’autre pas.

Adapter selon les profils

Les personnes sous anticoagulant antivitamine K peuvent manger des épinards, mais devraient garder un apport régulier plutôt que d’introduire brutalement un bol quotidien, et en parler à leur service de suivi.

Les personnes ayant des calculs rénaux d’oxalate de calcium ou une maladie rénale chronique devraient limiter les grandes quantités quotidiennes de feuilles crues mixées et demander un avis médical avant toute cure de jus.

Les enfants de moins d’un an ne doivent pas recevoir de miel. Pour les plus grands, les préparations de cette page conviennent, en portions réduites et sans piment.

Les personnes cherchant à augmenter leurs protéines gagneront plus à ajouter des pois chiches ou du tofu soyeux dans la soupe qu’à multiplier les smoothies : voyez notre guide complet des protéines végétales pour les portions de référence.

Les personnes qui digèrent mal les légumineuses peuvent commencer par 20 g de houmous plutôt que 40 g, et lire ce que change le trempage et la germination.

Ce que cette page ne dit pas

Les valeurs nutritionnelles proviennent de la table Ciqual 2020 de l’ANSES, qui décrit des aliments français. Les tomates, les épinards ou les pois chiches vendus en Suisse peuvent s’en écarter, notamment selon la saison et la variété. Les écarts sur les macronutriments restent modestes, ceux sur la vitamine C d’un légume-feuille peuvent être plus larges selon la fraîcheur.

L’essai sur le fruit mixé porte sur 20 participants jeunes et en bonne santé, deux fruits, une seule occasion. L’étude de précharge sur la satiété date de 2005 et porte sur 31 adultes. Aucune des deux ne permet de conclure sur des effets à long terme.

Les durées de conservation données ici sont des ordres de grandeur pour une cuisine domestique, pas des dates limites réglementaires. Un produit qui a séjourné hors du froid, qui sent différemment ou dont la texture a changé se jette, quelle que soit la date.

Questions fréquentes

Peut-on remplacer le blender par un mixeur plongeant ? Pour la sauce tomate et le houmous, oui, avec un temps de mixage plus long et une texture un peu moins fine. Pour les feuilles crues, non : un mixeur plongeant hache les épinards sans les réduire, et le résultat reste filandreux.

Le houmous compte-t-il dans les cinq portions de fruits et légumes ? Les légumineuses ne comptent qu’une fois par jour dans les recommandations de type 5 A Day, quelle que soit la quantité consommée, parce que leur profil en nutriments diffère de celui des légumes. En Suisse, l’OSAV recommande par ailleurs des légumineuses au moins une fois par semaine, une portion correspondant à 60 g de poids sec.

Faut-il éplucher les pois chiches ? Uniquement pour la texture. La différence de fibres est négligeable, et l’opération prend un quart d’heure pour 400 g.

La soupe crue est-elle plus riche en vitamines que la même soupe cuite ? Pour la vitamine C, oui, elle est thermosensible. Pour le fer, le calcium ou les fibres, non, la cuisson ne les détruit pas. Et certains caroténoïdes deviennent au contraire plus disponibles après chauffage.

Peut-on congeler ces préparations ? Le houmous se congèle correctement en portions, avec un ajout d’eau et un nouveau mixage au décongelage. La sauce tomate crue perd sa texture. La soupe à l’avocat brunit et se sépare.

Combien de temps le tahin se garde-t-il une fois ouvert ? Au réfrigérateur, plusieurs semaines en respectant la date du fabricant. Il se sépare, ce qui est normal ; il suffit de remuer. Une odeur de rance signe une oxydation des lipides et le bocal se jette.

Mixer détruit-il les fibres ? Il les fragmente sans les faire disparaître. Les fibres restent comptabilisées dans le produit final, ce qui distingue un smoothie d’un jus, où la pulpe est retirée.

Un blender puissant chauffe-t-il les aliments ? Un mixage prolongé à haute vitesse élève légèrement la température par friction. Sur des séquences de une à deux minutes, l’effet reste marginal ; c’est surtout un argument pour mixer par impulsions plutôt qu’en continu.

Pour aller plus loin

Le choix de l’appareil compte moins que la méthode, mais il compte : nos critères pour bien choisir un blender détaillent la puissance utile et les accessoires. Pour cuire des légumineuses en série et éviter la conserve salée, voyez le batch cooking de légumineuses. Le tahin se décline au-delà du houmous dans nos sauces froides minute et dans notre batch de sauces végétales. Pour les versions sucrées, nos smoothies équilibrés appliquent les mêmes règles de composition. Enfin, le top 10 des légumineuses de placard et la salade-repas complète prolongent ces recettes vers des plats entiers, et le stockage des fruits, légumes et légumineuses évite le gaspillage en amont.

Sources