
Décoder les additifs dans les laits végétaux industriels
La liste d’ingrédients qui inquiète sur une brique de boisson d’avoine est presque toujours la partie la moins importante de l’étiquette. Un essai randomisé contrôlé publié en 2026 dans Clinical Gastroenterology and Hepatology a donné pendant quatre semaines à des adultes sains soit du carboxyméthylcellulose, soit du polysorbate 80, soit du carraghénane, soit de la lécithine de soja, soit de l’amidon de riz, soit rien. Aucun effet sur la calprotectine fécale, la CRP, la protéine liant le lipopolysaccharide, le cholestérol ou les autres marqueurs métaboliques.
Pendant ce temps, la même brique peut contenir vingt-cinq fois moins d’iode qu’un verre de lait, et ce chiffre n’apparaît nulle part sur l’emballage.
Ce que le tableau nutritionnel dit, et ce qu’il tait
Voici les valeurs de la Base suisse de données des valeurs nutritives de l’OSAV, ramenées à un verre de 2 dl. La colonne iode est celle qu’on ne trouve à peu près jamais dans les comparatifs.
| Boisson, verre de 2 dl | kcal | Protéines g | Sucres g | Calcium mg | Vitamine B12 µg | Iode µg |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Lait entier UHT | 136 | 6,4 | 9,2 | 240 | 0,32 | 19,0 |
| Lait 1,5 % UHT | 92 | 6,4 | 9,6 | 240 | 0,50 | 20,0 |
| Soja nature | 80 | 7,2 | 2,8 | 24 | 0 | 2,6 |
| Soja enrichi | 80 | 7,2 | 2,8 | 240 | 0,56 | 2,6 |
| Avoine nature | 94 | 1,0 | 7,2 | 2 | 0 | 0,8 |
| Avoine enrichi | 96 | 1,0 | 7,2 | 220 | 0,50 | 16,6 |
| Amande nature | 66 | 2,2 | 2,6 | 24 | 0 | 0,8 |
| Amande enrichi | 66 | 2,2 | 2,6 | 220 | 0,72 | 0,8 |
| Riz nature | 108 | 0,4 | 5,6 | 10 | 0 | 1,0 |
| Riz enrichi | 108 | 0,4 | 5,6 | 220 | 0 | 4,2 |
| Soja au chocolat | 152 | 7,6 | 16,6 | 30 | 0 | 2,6 |
Trois choses sautent aux yeux. D’abord, l’enrichissement fonctionne remarquablement bien sur le calcium : un soja ou un avoine enrichi apporte 220 à 240 mg par verre, soit 27,5 à 30 % de la valeur nutritionnelle de référence suisse de 800 mg, exactement comme le lait. Le même produit non enrichi en apporte 2 à 24 mg. C’est un facteur dix à cent, et la seule différence entre les deux briques est une ligne dans la liste d’ingrédients.
Ensuite, les protéines ne suivent pas l’enrichissement du tout. Le soja apporte 7,2 g par verre, davantage que le lait à 6,4 g. L’avoine en apporte 1,0 g et le riz 0,4 g, soit six à seize fois moins. Aucun additif ne corrige cela, parce que ce n’est pas une question d’additif mais de matière première.
Enfin, l’iode. Le soja enrichi en contient 2,6 µg par verre contre 20 µg pour le lait 1,5 %, soit près de huit fois moins. L’amande enrichie en contient 0,8 µg, vingt-cinq fois moins. L’avoine enrichie s’en sort mieux, à 16,6 µg. L’enrichissement remet du calcium, de la B12, de la vitamine D et de la riboflavine, mais il ne remet pas systématiquement d’iode, et rien sur l’emballage ne le signale. L’OSAV finance d’ailleurs des projets de recherche spécifiquement consacrés à la contribution du lait et des produits laitiers à l’approvisionnement en iode de la population suisse, ce qui indique le poids que cette source représente.
Ce que l’essai clinique de 2026 a réellement mesuré
L’essai publié dans Clinical Gastroenterology and Hepatology mérite d’être décrit précisément, parce qu’il est le premier à tester plusieurs émulsifiants chez l’humain dans un protocole contrôlé.
Soixante participants sains ont d’abord suivi pendant deux semaines un régime sans émulsifiants. Ils ont ensuite été randomisés en double aveugle pour quatre semaines supplémentaires, avec ajout de carboxyméthylcellulose, de polysorbate 80, de carraghénane, de lécithine de soja, d’amidon de riz natif ou d’aucun additif, le tout administré dans des brownies.
Les résultats vont dans plusieurs directions. Après les deux semaines de régime sans émulsifiants, le cholestérol a baissé (p = 0,00006). Sous supplémentation, la diversité alpha du microbiote est restée stable, mais la composition microbienne a été modifiée par le traitement. Les concentrations de tous les acides gras à chaîne courte étaient plus basses chez les personnes consommant du carboxyméthylcellulose, une tendance retrouvée avec les autres émulsifiants sans toujours atteindre la signification. Chez les personnes consommant du carraghénane, la perméabilité intestinale transcellulaire a augmenté par rapport à la valeur de départ (p = 0,04).
En revanche, aucune différence n’a été observée entre placebo et émulsifiants sur la calprotectine fécale, la CRP, la protéine sérique liant le lipopolysaccharide, le cholestérol ou les autres marqueurs métaboliques à la fin de l’intervention. Les protéines inflammatoires et cardiométaboliques sériques sont restées inchangées.
Les auteurs qualifient eux-mêmes leur essai d’exploratoire. Leur conclusion est mesurée : la supplémentation en émulsifiants a abaissé les acides gras à chaîne courte par rapport au placebo, sans toucher l’inflammation intestinale ou systémique ni les critères métaboliques, et ces résultats suggèrent un bénéfice intestinal potentiel à limiter les émulsifiants alimentaires, ce qui demande à être confirmé.
C’est plus nuancé que les deux récits qui circulent. Les additifs ne sont pas inertes : ils modifient la composition du microbiote et abaissent les acides gras à chaîne courte, qui sont le produit utile de la fermentation des fibres. Et ils ne provoquent pas non plus l’inflammation intestinale annoncée, en tout cas pas chez des adultes sains en quatre semaines.
Le carraghénane, cas particulier
Le carraghénane (E407) est le seul additif de cette liste pour lequel un signal spécifique est ressorti de l’essai : une augmentation de la perméabilité intestinale transcellulaire par rapport à la valeur de départ, avec un p de 0,04.
Une revue complète parue dans Annals of Nutrition and Metabolism en 2026 replace cela dans son contexte. Le carraghénane est un polysaccharide sulfaté extrait d’algues rouges. Les données sont contradictoires : certaines études rapportent des effets antioxydants, antiviraux, antitumoraux et immunomodulateurs, d’autres suggèrent une altération du métabolisme du glucose, une inflammation intestinale et une dérégulation immunitaire. Les auteurs concluent que ces effets dépendent du type de carraghénane, de son poids moléculaire, de sa pureté, de la dose et de facteurs propres à la personne, et que le carraghénane ne peut être classé uniformément comme bénéfique ou nocif. Ils notent que la FDA et l’EFSA le considèrent généralement comme sûr, avec des réserves persistantes sur les préparations pour nourrissons et sur l’exposition à long terme.
Un travail publié dans Clinical and Experimental Allergy en 2026 a testé les trois formes kappa, iota et lambda sur des cellules épithéliales intestinales et sur un modèle d’intestin sur puce. Les trois ont montré une cytotoxicité dose-dépendante, la forme lambda produisant l’effet le plus marqué à dose relativement plus faible. Il s’agit de cellules en culture, pas de personnes, et la dose importe. Mais cela cadre avec le seul résultat humain sorti de l’essai randomisé.
Ma lecture : si vous voulez retirer un seul additif de votre panier, c’est celui-là, et non les gommes végétales. Le geste est simple, sans coût nutritionnel, et il existe des produits sans carraghénane dans à peu près toutes les gammes. Ce n’est pas une urgence sanitaire pour autant.
Les gommes : ce qu’elles sont, ce qu’elles font
Les épaississants sont les additifs qui inquiètent le plus alors qu’ils sont les mieux compris.
La gomme de guar (E412) provient de la graine de Cyamopsis tetragonoloba, la gomme de caroube (E410) des graines du caroubier, la gomme xanthane (E415) d’une fermentation bactérienne et la gomme gellane (E418) également d’une fermentation. Ce sont des polysaccharides, c’est-à-dire des fibres solubles au sens chimique. Elles ne sont pas digérées dans l’intestin grêle et sont partiellement fermentées par le microbiote colique.
Leur rôle technique est simple : maintenir en suspension des particules qui sédimenteraient autrement. La gomme gellane est celle qu’on retrouve le plus souvent dans les boissons d’avoine et d’amande, à des doses très faibles, typiquement de l’ordre de 0,01 à 0,05 %, parce qu’elle forme un réseau à concentration minime. Sans elle, la brique demanderait d’être secouée et le calcium ajouté se déposerait au fond, ce qui rendrait l’enrichissement inégal d’un verre à l’autre.
C’est le point que les listes d’additifs manquent : dans une boisson enrichie, l’épaississant n’est pas un artifice cosmétique, il est ce qui garantit que les 220 mg de calcium annoncés se retrouvent effectivement dans votre verre et pas dans le fond de la brique.
Une étude in vitro publiée dans Nutrients en 2026 a testé douze additifs alimentaires, dont la gomme xanthane et le carraghénane kappa, sur des fermentations fécales de six adultes atteints de maladie de Crohn en rémission et de six témoins sains. Ce type de travail mesure la capacité de fermentation des fibres et la production d’acides gras à chaîne courte hors du corps humain. C’est utile pour hiérarchiser des hypothèses, pas pour conclure sur un effet clinique.
Aux doses présentes dans une boisson végétale, les gommes peuvent provoquer des ballonnements chez des personnes sensibles, comme le ferait n’importe quelle fibre soluble. Ce n’est pas un signal de toxicité.
Lécithine et émulsifiants
La lécithine (E322) est un mélange de phospholipides extrait le plus souvent du soja ou du tournesol. Son rôle est de maintenir ensemble la phase grasse et la phase aqueuse d’une boisson qui, sans elle, se sépare.
Dans l’essai randomisé de 2026, la lécithine de soja faisait partie des cinq substances testées et ne s’est distinguée par aucun effet inflammatoire ou métabolique. Elle reste néanmoins pertinente pour une raison différente : les personnes allergiques au soja doivent la repérer. Sur ce point la loi aide, puisque l’ordonnance sur l’information dans les denrées alimentaires impose que les ingrédients pouvant provoquer des allergies soient toujours indiqués et, selon son article 11, mis en évidence par la police, le style ou la couleur du fond.
Le carboxyméthylcellulose et le polysorbate 80, les deux émulsifiants qui concentrent l’essentiel des travaux sur le microbiote, sont en réalité peu présents dans les boissons végétales courantes. Ils dominent la littérature parce qu’ils sont utilisés dans les crèmes glacées, les sauces et de nombreux produits ultra-transformés. Transposer directement ces résultats à une brique d’avoine revient à changer de produit en cours de raisonnement.
Ce que dit vraiment la liste d’ingrédients
Quelques règles suisses rendent l’étiquette plus lisible qu’il n’y paraît.
Les ingrédients sont listés par ordre décroissant de poids. Sur une boisson d’avoine, l’eau vient donc en tête, suivie de l’avoine, dont le pourcentage est souvent déclaré. Ce pourcentage est bien plus informatif que la présence ou l’absence de gomme gellane : une boisson à 15 % d’avoine et une à 6 % ne donnent pas le même produit.
Les additifs doivent être désignés par la catégorie de fonction suivie du nom ou du numéro E. Voir « stabilisant : gomme gellane » ou « stabilisant : E418 » désigne strictement la même chose ; le numéro n’est pas un signe de synthèse chimique, c’est un identifiant.
Les arômes doivent être déclarés comme tels. La mention « arôme naturel » a une définition légale et ne signifie pas absence de transformation.
La déclaration nutritionnelle, elle, ne mentionne les vitamines et sels minéraux que s’ils sont présents en quantité significative. Pour les boissons, ce seuil est de 7,5 % de la valeur de référence par 100 ml, contre 15 % pour les autres denrées. En pratique, cela veut dire 60 mg de calcium, 0,19 µg de B12 ou 11,25 µg d’iode par 100 ml. C’est précisément pourquoi l’iode n’apparaît sur aucune de ces briques : à 1,3 ou 0,4 µg par 100 ml, on est très loin du seuil, et la loi n’oblige pas à déclarer ce qui est absent.
Le point pratique le plus utile est donc l’inverse du réflexe habituel. Une liste d’ingrédients courte n’est pas un gage de qualité nutritionnelle : une boisson d’amande nature sans additif apporte 2,2 g de protéines et 24 mg de calcium par verre, quand une boisson de soja enrichie avec deux stabilisants en apporte 7,2 g et 240 mg.
Sucres : là où il y a vraiment un choix à faire
Le sucre est le seul poste de l’étiquette où une différence importante se joue systématiquement, et il n’est pas une question d’additif.
Une boisson d’avoine nature contient 7,2 g de sucres par verre de 2 dl sans qu’un gramme n’ait été ajouté. Ces sucres viennent de l’hydrolyse enzymatique de l’amidon d’avoine pendant la fabrication, qui est ce qui donne à ces boissons leur douceur caractéristique. Un lait entier en contient 9,2 g, sous forme de lactose. Une boisson de soja nature en contient 2,8 g.
La différence apparaît avec les versions aromatisées. Le soja au chocolat monte à 16,6 g de sucres par verre, soit six fois la version nature, pour 152 kcal contre 80. Voilà l’écart qui compte, et il se lit dans le tableau nutritionnel, pas dans la liste d’additifs.
Les édulcorants intenses sont rares dans les boissons végétales de base et plus fréquents dans les versions dites allégées. Ils sont soumis à autorisation et à des doses maximales.
Ce que l’enrichissement exige techniquement
Que le calcium puisse être ajouté du tout est moins évident que le tableau ne le laisse croire, et cela explique une partie des additifs.
Le carbonate de calcium, la forme la plus courante, ne se dissout pratiquement pas dans l’eau. Il reste en suspension sous forme de fines particules solides et sédimente sous l’effet de la gravité. C’est exactement là qu’intervient la gomme gellane : elle forme un gel faible qui maintient les particules en suspension sans épaissir la boisson de façon perceptible. Une boisson enrichie sans stabilisant ne serait pas un meilleur produit, ce serait un produit dont le premier verre contiendrait trop peu de calcium et le dernier beaucoup trop.
Les vitamines posent un autre problème. La vitamine D est liposoluble et la riboflavine est très sensible à la lumière, ce qui explique que ces boissons soient vendues en briques opaques et non en bouteilles de verre transparent. L’emballage fait donc partie de l’enrichissement, il n’est pas qu’un contenant.
Le traitement thermique, enfin, explique pourquoi ces produits se conservent des mois hors réfrigérateur. Le procédé UHT chauffe brièvement au-delà de 135 degrés et rend la boisson stable microbiologiquement sans qu’aucun conservateur ne soit nécessaire. Qui cherche des conservateurs dans la liste d’ingrédients d’une boisson végétale longue conservation n’en trouve généralement aucun : la conservation vient du procédé, pas d’un additif. Après ouverture, cela ne vaut plus, d’où le délai de consommation au réfrigérateur indiqué sur la brique.
Ce dernier point rejoint la logique générale du garde-manger végétal : la date imprimée sur une brique non ouverte et le délai après ouverture ne répondent pas à la même question.
Ce que l’enrichissement change à l’échelle d’une alimentation
Une analyse de modélisation publiée dans Food Science and Nutrition en 2026 permet de dépasser le verre isolé. Elle s’appuie sur la cohorte allemande DONALD, avec 7676 enregistrements alimentaires pesés sur trois jours provenant de 1072 participants de 3 à 18 ans, et simule le remplacement progressif des produits laitiers par des alternatives végétales.
Les résultats sont instructifs. Les apports en protéines dépassaient les références quelle que soit la proportion remplacée, la baisse étant moindre avec le soja qu’avec l’avoine. La vitamine B2 passait sous la référence à partir de 50 % de substitution et la vitamine B12 à partir de 75 %. Seule une substitution intégrale par des produits enrichis permettait aux apports médians de B2 et de B12 de rejoindre les références. Le calcium baissait significativement et restait nettement sous la référence à tous les niveaux de substitution. Le fer, lui, augmentait et atteignait presque la référence à 100 % de substitution. Les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation des sols diminuaient significativement à mesure que la substitution progressait.
Deux enseignements en découlent. L’enrichissement n’est pas un détail marketing, c’est ce qui décide si un remplacement fonctionne sur le plan nutritionnel. Et il ne suffit pas à lui seul pour le calcium dans cette population, ce qui rappelle que les produits laitiers n’étaient pas la seule source concernée.
Cette étude porte sur des enfants et adolescents allemands, avec des habitudes alimentaires et un niveau d’enrichissement des produits qui ne sont pas ceux de la Suisse. Elle indique une direction, pas une valeur transposable.
Comment choisir en pratique
Trois questions suffisent, dans cet ordre.
Quelle base végétale ? C’est le choix qui a le plus d’effet. Le soja est le seul à égaler le lait sur les protéines, avec 7,2 g par verre. L’avoine et le riz sont des boissons glucidiques, pas des sources de protéines. L’amande se situe entre les deux, à 2,2 g. Si ces boissons constituent une part importante de votre apport protéique, le guide des protéines végétales donne les portions de référence.
Enrichie ou pas ? Si la boisson remplace le lait dans votre alimentation plutôt que de s’y ajouter, l’enrichissement change tout : le calcium passe de 24 à 240 mg par verre, la B12 de 0 à 0,56 µg. Si vous buvez un café au lait végétal de temps en temps, la question est secondaire. Pour le calcium hors produits laitiers, voyez où trouver le calcium sans produits laitiers.
Nature ou aromatisée ? Le passage du soja nature au soja chocolat ajoute 13,8 g de sucres et 72 kcal par verre. C’est la seule décision de cette page qui pèse sur l’apport quotidien.
Les additifs viennent après ces trois questions, pas avant. Et si vous voulez en écarter un, le carraghénane est le candidat le mieux justifié par les données actuelles.
Pour un contrôle total sur la composition, la fabrication maison reste possible. Elle a un coût : sans enrichissement, une boisson d’amande maison apporte de l’ordre de 24 mg de calcium par verre et aucune B12, contre 220 mg et 0,72 µg pour l’équivalent enrichi du commerce. C’est un arbitrage réel, pas un progrès automatique.
Erreurs fréquentes
Juger un produit à la longueur de sa liste d’ingrédients. Le produit le plus court peut être le plus pauvre. Le soja enrichi à deux stabilisants bat l’amande nature sans additif sur le calcium et les protéines.
Prendre le numéro E pour un marqueur de synthèse. E410 est la gomme de caroube, E407 vient d’algues rouges. Le numéro identifie, il ne qualifie pas.
Transposer les études sur le carboxyméthylcellulose aux boissons végétales. Ces émulsifiants dominent la littérature parce qu’ils sont ailleurs, dans les glaces et les sauces.
Croire qu’enrichi veut dire équivalent au lait. Sur le calcium, la B12, la vitamine D et la riboflavine, oui. Sur l’iode, souvent non, et sur les protéines, cela dépend entièrement de la base végétale.
Choisir une boisson de riz comme substitut principal du lait chez un enfant. Avec 0,4 g de protéines par verre, ce n’est pas un équivalent nutritionnel.
Se concentrer sur les additifs et ignorer la ligne sucres. L’écart entre nature et aromatisé, six fois sur le soja, est le seul écart vraiment grand de l’étiquette.
Adapter selon votre situation
Vous remplacez complètement le lait. Prenez du soja enrichi : c’est la seule base qui tienne à la fois sur les protéines et, une fois enrichie, sur le calcium et la B12. Surveillez l’iode par ailleurs, puisque cette source disparaît.
Vous buvez une boisson végétale dans le café. L’enrichissement compte peu à cette dose. Les versions dites barista contiennent souvent des régulateurs d’acidité, typiquement des phosphates, pour éviter que la boisson ne floque au contact du café chaud. C’est un usage technique légitime.
Vous avez un intestin sensible ou un syndrome de l’intestin irritable. Le carraghénane est le premier à écarter au vu du signal de perméabilité de l’essai de 2026. Les gommes peuvent aussi causer des ballonnements, comme toute fibre soluble ; essayez de les retirer une par une plutôt qu’en bloc.
Vous êtes allergique au soja. La lécithine de soja doit être mise en évidence dans la liste d’ingrédients. Attention aussi aux mentions d’allergènes par précaution, qui sont nettement plus fréquentes sur les boissons d’amande et de coco que sur celles d’avoine ou de soja. Pour le reste de l’alimentation, la page sur la cuisine sans soja donne des équivalences.
Vous nourrissez un enfant. Les réserves des autorités sur le carraghénane concernent spécifiquement les préparations pour nourrissons. Une boisson végétale n’est de toute façon pas un lait infantile, et le choix relève d’un avis médical.
Limites de cette page
Les valeurs de composition proviennent de la Base suisse de données des valeurs nutritives et sont des moyennes de produits génériques. Un produit précis peut s’en écarter nettement, et c’est justement le message des travaux sur la variabilité des marchés : l’analyse de 68 boissons du marché équatorien publiée en 2026 montre des concentrations d’enrichissement qui ne correspondent souvent pas à celles du lait, avec une forte dispersion même entre produits de même base végétale.
L’essai randomisé de 2026 porte sur 60 adultes sains suivis quatre semaines. Les auteurs le décrivent eux-mêmes comme exploratoire. Il ne dit rien de l’exposition sur des années, ni des personnes atteintes de maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Les travaux sur le carraghénane isolé relèvent de cultures cellulaires et de modèles d’intestin sur puce. L’étude de modélisation DONALD porte sur des enfants et adolescents allemands.
Les seuils de déclaration et les règles d’étiquetage sont ceux du droit suisse au 1er juillet 2025. Aucune valeur de cette page ne constitue un avis médical.
Questions fréquentes
Les additifs des laits végétaux sont-ils dangereux ? L’essai contrôlé le plus complet disponible n’a trouvé aucun effet sur l’inflammation intestinale ou systémique ni sur les marqueurs métaboliques après quatre semaines chez des adultes sains. Il a en revanche mesuré une baisse des acides gras à chaîne courte et une modification de la composition du microbiote.
Faut-il éviter le carraghénane ? C’est l’additif pour lequel le dossier est le plus chargé, avec une hausse de perméabilité transcellulaire dans l’essai humain (p = 0,04) et une cytotoxicité dose-dépendante sur cellules. L’écarter ne coûte rien nutritionnellement. Les autorités le considèrent comme sûr aux doses alimentaires.
La gomme gellane est-elle chimique ? Elle est produite par fermentation bactérienne, comme le vinaigre ou le yaourt. C’est un polysaccharide, donc une fibre soluble au sens chimique.
Une boisson sans additifs est-elle meilleure ? Pas nutritionnellement. Sans stabilisant, le calcium ajouté sédimente, ce qui rend l’enrichissement inégal. Une boisson nature sans additif est simplement une boisson non enrichie.
Quelle boisson végétale se rapproche le plus du lait ? Le soja enrichi : 7,2 g de protéines et 240 mg de calcium par verre, contre 6,4 g et 240 mg pour le lait. L’écart restant porte sur l’iode.
Pourquoi l’iode n’est-il pas indiqué sur l’emballage ? Parce qu’il n’y en a pas assez. Le seuil de déclaration pour une boisson est de 7,5 % de la valeur de référence par 100 ml, soit 11,25 µg, et la plupart de ces boissons sont à 0,4 ou 1,3 µg.
Les boissons d’avoine contiennent-elles du sucre ajouté ? Généralement non. Leurs 7,2 g de sucres par verre viennent de la dégradation enzymatique de l’amidon d’avoine pendant la fabrication.
Le lait végétal maison est-il plus sain ? Il contient moins d’additifs et beaucoup moins de calcium et de vitamine B12, sauf à compenser ailleurs. Voyez aussi le guide des protéines végétales et la page sur la vitamine B12 pour le contexte.
Le même raisonnement s’applique aux additifs des simili-carnés, où la base et le sel comptent davantage que la liste E.
Sources
- OSAV, Base suisse de données des valeurs nutritives
- OSAV, Iode : projets de recherche sur l’apport en iode en Suisse
- Ordonnance du DFI concernant l’information sur les denrées alimentaires, RS 817.022.16
- Clinical Gastroenterology and Hepatology 2026, essai randomisé contrôlé sur cinq émulsifiants alimentaires (PMID 40816342)
- Annals of Nutrition and Metabolism 2026, revue complète sur le carraghénane (PMID 42560937)
- Clinical and Experimental Allergy 2026, effets des carraghénanes kappa, iota et lambda sur la barrière épithéliale (PMID 41942402)
- Nutrients 2026, effets in vitro de douze additifs sur le microbiote et la fermentation des fibres (PMID 41754185)
- Food Science and Nutrition 2026, modélisation DONALD du remplacement des produits laitiers (PMID 42254422)
- Journal of the Science of Food and Agriculture 2026, composition déclarée de 68 boissons végétales (PMID 42265545)
- Food Science and Nutrition 2026, allergènes et information nutritionnelle de 196 boissons végétales (PMID 42553086)
- Nutrients 2026, mélanges d’additifs, métabolisme du glucose et risque de diabète de type 2 (PMID 42588144)