
Glaces fruitées sans sorbetière : ce qui décide vraiment de la texture
Une glace de fruits mixés réussit ou rate sur une seule variable, et ce n’est ni le temps de congélation ni la puissance du blender : c’est la matière sèche. Trois cents grammes de banane crue contiennent 24,2 % de matière sèche selon la table Ciqual de l’ANSES. Trois cents grammes de framboise n’en contiennent que 13,2 %. La première donne une crème qui se tient à la cuillère, la seconde donne un bloc de glace pilée, et aucun réglage de mixage ne comblera cet écart de onze points.
Le droit suisse a mis un chiffre sur cette frontière avant nous. L’annexe 3 de l’ordonnance du DFI sur les denrées alimentaires d’origine végétale exige au minimum 25 % de matière sèche totale pour qu’un produit puisse être vendu sous le nom de sorbet, et 30 % pour une glace. La banane seule passe sous ce seuil. Cela ne rend pas la préparation mauvaise, mais cela explique pourquoi elle durcit en pierre au congélateur alors qu’une glace du commerce reste souple.
L’autre chiffre que personne n’affiche : ces mêmes 300 g de banane apportent 46,8 g de sucres. Le maximum journalier de sucres libres recommandé par le NHS britannique pour un adulte est de 30 g. Selon la définition officielle des sucres libres au Royaume-Uni, publiée en 2018 dans Public Health Nutrition, les sucres des purées de fruits dont la structure cellulaire a été rompue en font partie. Mixer un fruit change son statut nutritionnel, et c’est exactement ce qu’on fait ici.
Ce que mesure la matière sèche, et pourquoi tout en dépend
Dans une glace, l’eau ne gèle jamais entièrement. Une partie reste liquide, chargée en sucres et en composés dissous, et c’est cette phase non gelée qui rend le produit malléable à la cuillère. Plus il y a de solides dissous, plus le point de congélation baisse et plus la fraction d’eau qui reste liquide à une température donnée est importante.
Une étude publiée dans Foods en 2025 sur des glaces au lactosérum donne l’ordre de grandeur : le point de congélation des glaces traditionnelles se situe entre -3,6 et -2,4 °C. Un congélateur domestique tourne autour de -18 °C, comme le rappelle la Food Standards Agency britannique. Entre les deux, il y a quinze degrés d’écart, et c’est dans cet intervalle que se joue la différence entre une crème et un bloc.
Voici ce que donnent cinq bases pesées, calculées sur la table Ciqual 2020 de l’ANSES. Pour l’amande et le tahin, dont la colonne énergie du règlement (UE) 1169/2011 est vide dans la table, l’énergie a été recalculée avec les facteurs de conversion de l’annexe XIV du même règlement.
| Base | Masse | Matière sèche | Sucres | Fibres | Énergie |
|---|---|---|---|---|---|
| Banane seule | 300 g | 24,2 % | 46,8 g | 8,1 g | 272 kcal |
| Banane 200 g + fraise 120 g | 320 g | 18,8 % | 37,9 g | 10,0 g | 227 kcal |
| Banane 200 g + fraise 120 g + amande 15 g | 335 g | 22,2 % | 38,6 g | 11,8 g | 317 kcal |
| Banane 240 g + cacao 10 g + tahin 15 g | 265 g | 31,0 % | 37,6 g | 10,5 g | 349 kcal |
| Mangue 260 g + lait de coco 60 g | 320 g | 20,0 % | 34,8 g | 4,5 g | 305 kcal |
| Framboise seule | 300 g | 13,2 % | 16,2 g | 12,9 g | 148 kcal |
Une seule de ces six bases atteint les 30 % de matière sèche qu’exigerait une glace au sens de l’annexe 3 : celle qui contient du cacao et du tahin. Le cacao non sucré est à 96,5 % de matière sèche, le tahin à 97 %, l’amande entière à 95,2 %. Vingt-cinq grammes de ces ingrédients font plus pour la texture que deux heures supplémentaires de congélation.
C’est aussi ce qui explique l’échec récurrent des bases sans banane. La framboise seule est à 13,2 % de matière sèche : elle est composée à 86,8 % d’eau. Il n’y a rien à mixer, il y a de l’eau à congeler.
Pourquoi le résultat devient sableux le lendemain
La deuxième variable est la taille des cristaux de glace, et elle ne dépend pas de la recette mais du temps et de la température. Le phénomène s’appelle recristallisation : les petits cristaux fondent partiellement et se redéposent sur les gros, à chaque fluctuation de température du congélateur.
L’étude de 2025 citée plus haut a mesuré cette croissance. L’échantillon témoin, sans stabilisant, affiche un diamètre moyen de cristaux de 18,50 micromètres à 24 heures, puis de 27,50 micromètres après un mois de conservation. Les échantillons contenant du bêta-glucane de levure sont passés de 8,49 à 9,52 micromètres sur la même période. La croissance a été divisée par neuf.
Une glace industrielle contient des stabilisants et des émulsifiants précisément pour cela. Une préparation maison n’en contient pas, sauf si vous en apportez indirectement : la pectine des fruits, les fibres solubles, les protéines et les matières grasses des purées d’oléagineux jouent un rôle partiel dans le même sens. La conséquence pratique est simple à formuler et désagréable à entendre : une nice-cream maison se mange le jour même. Ce que vous congelez pour la semaine ne sera pas la même chose que ce que vous avez mixé.
La revue publiée en 2025 dans Comprehensive Reviews in Food Science and Food Safety sur la fonte des glaces ajoute un facteur que la cuisine domestique ne peut pas reproduire : le foisonnement, c’est-à-dire l’air incorporé pendant le barattage. Un foisonnement élevé ralentit la fonte par l’effet isolant des cellules d’air, et il contribue à la légèreté en bouche. Un blender n’incorpore presque pas d’air de manière stable. C’est une différence structurelle, pas un défaut de technique.
Le sucre : ce qu’il y a réellement dans le bol
L’argument le plus répandu autour de ces desserts est qu’ils sont sucrés naturellement, donc sans problème. Les chiffres ne suivent pas.
L’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien, soit environ 50 g pour une personne consommant 2000 kcal, avec un bénéfice supplémentaire attendu en dessous de 5 %. Le NHS britannique fixe le maximum d’un adulte à 30 g par jour, celui d’un enfant de 7 à 10 ans à 24 g, de 4 à 6 ans à 19 g, de 2 à 3 ans à 14 g, et à 10 g à un an.
Les sucres d’un fruit entier ne comptent pas comme sucres libres. Ceux d’une purée de fruit, si. La définition britannique adoptée en 2018 est explicite sur ce point : elle inclut tous les sucres naturellement présents dans les jus, purées et pâtes de fruits et de légumes dont la structure a été rompue. Un bol de 300 g de banane mixée apporte donc 46,8 g de sucres qui, sous cette définition, sont comptés comme libres. C’est une fois et demie le maximum quotidien d’un adulte.
Le NHS applique la même logique aux smoothies, limités à 150 ml par jour au total avec les jus, et recommande de les consommer au repas plutôt qu’entre les repas, pour réduire l’exposition des dents.
Trois conséquences pratiques :
Les sirops ne sont pas une amélioration. Le sirop d’érable, le sirop d’agave et le miel entrent explicitement dans la définition des sucres libres selon l’OMS comme selon le NHS. Ajouter une cuillère de sirop d’agave à une base déjà à 38 g de sucres n’en fait pas un dessert plus sain, seulement un dessert plus sucré.
La base la plus intéressante nutritionnellement est celle qui contient le moins de banane. La base framboise seule apporte 16,2 g de sucres et 12,9 g de fibres pour 148 kcal ; la base banane seule, 46,8 g de sucres et 8,1 g de fibres pour 272 kcal. La framboise est aussi celle qui donne la pire texture. Il faut choisir, et la solution de compromis consiste à mélanger les deux plutôt qu’à empiler les fruits les plus sucrés.
La portion compte. Le repère suisse de l’OSAV pour les fruits est de deux portions par jour, une portion valant environ 120 g, dans un total de cinq portions de fruits et légumes. Le NHS retient 80 g par portion, l’OMS au moins 400 g de fruits et légumes par jour au-delà de 10 ans. Un bol de 300 g de fruits mixés est un dessert conséquent, pas un en-cas neutre.
Ce que la loi suisse autorise à écrire, et ce qu’elle interdit
Si vous vendez cette préparation, ou si vous la décrivez publiquement, deux ordonnances s’appliquent.
L’ordonnance du DFI sur les denrées alimentaires d’origine végétale définit la glace comestible comme une préparation gelée ou semi-gelée destinée à être consommée à l’état congelé. Elle exige que les mélanges de base soient pasteurisés avant d’être gelés, et fixe un poids minimal de 450 g par litre de produit fini. Son annexe 3 précise les dénominations : un sorbet aux fruits doit contenir au moins 20 % de fruits en masse (6 % pour les citrons, 10 % pour les autres agrumes) et au moins 25 % de matière sèche totale ; une glace à l’eau, au plus 3 % de matière grasse et au moins 15 % de matière sèche ; une crème glacée, au moins 6 % de matière grasse lactique lorsque des ingrédients ont été ajoutés, 8 % sinon, et 30 % de matière sèche.
Une base de fruits mixés atteint sans peine la proportion de fruits, mais échoue le plus souvent sur la matière sèche, et n’est pas pasteurisée. Elle n’est donc pas un sorbet au sens de l’ordonnance. C’est un dessert glacé de fruits, ce qui est une description exacte et suffisante.
L’ordonnance du DFI concernant l’information sur les denrées alimentaires encadre pour sa part les allégations. Son annexe 13 fixe les seuils suivants. « Faible teneur en sucres » exige au maximum 5 g de sucres par 100 g pour un solide : la base banane-fraise en contient 11,9 g pour 100 g, elle est disqualifiée. « Sans sucres » exige au maximum 0,5 g par 100 g, ce qu’aucune préparation de fruits n’atteindra jamais. « Sans sucres ajoutés » est en revanche défendable, à condition de n’ajouter ni mono ni disaccharide ni aucune denrée utilisée pour ses propriétés édulcorantes, ce qui exclut les sirops, le miel et la purée de dattes ; l’étiquette doit alors porter la mention « contient des sucres naturellement présents ».
Sur les fibres, l’annexe 13 accepte l’allégation « source de fibres alimentaires » à partir de 3 g par 100 g ou 1,5 g par 100 kcal. La base banane-fraise atteint 3,1 g de fibres pour 100 g et 4,38 g pour 100 kcal : elle passe. La base framboise seule, à 4,3 g pour 100 g et 8,74 g pour 100 kcal, dépasse même le seuil de 6 g pour 100 g ou 3 g pour 100 kcal qui autorise « teneur élevée en fibres alimentaires ». La base mangue-coco, à 1,4 g pour 100 g, ne passe aucun des deux.
Ces seuils sont utiles même sans intention commerciale : ils donnent un vocabulaire précis pour décrire ce qu’on a fabriqué, au lieu de mots comme « sain » ou « léger » qui ne veulent rien dire.
Reste à savoir de quelle catégorie une base de fruits se rapproche réellement. La glace à l’eau n’exige, selon l’annexe 3, que 15 % de matière sèche et au maximum 3 % de matière grasse. Cinq des six bases du tableau dépassent 15 % de matière sèche, et celles qui ne contiennent ni purée d’oléagineux, ni cacao, ni lait de coco restent sous 3 % de matière grasse. Comparer le résultat à une crème glacée revient donc à le comparer à la mauvaise catégorie : la voisine légale la plus proche est la glace à l’eau, dont la teneur en matière grasse est plafonnée et dont l’exigence de matière sèche est deux fois moins élevée. Cela explique la texture mieux que n’importe quel ajustement de recette.
Baies surgelées : le point de sécurité que la plupart des recettes omettent
Une base de fruits rouges se mixe congelée et se mange crue. C’est précisément la configuration qui a produit plusieurs épidémies documentées.
Une enquête publiée en 2016 dans Epidemiology and Infection décrit une épidémie de norovirus survenue à Oslo en novembre 2013 après deux réunions dans un centre de conférences. Sur 168 participants, 147 ont répondu au questionnaire et 74 remplissaient la définition de cas, soit la moitié. La mousse aux framboises était associée au risque avec un rapport de risque ajusté de 3,4 (intervalle de confiance à 95 % : 1,4 à 8,2), et 70 des 74 malades en avaient mangé. Les framboises surgelées importées n’avaient pas été traitées thermiquement. Les auteurs recommandent explicitement de chauffer les baies surgelées importées avant consommation.
Le virus de l’hépatite A suit le même chemin. Une enquête publiée en 2018 dans Eurosurveillance a relié 20 cas suédois et 14 cas autrichiens à des fraises surgelées produites en Pologne, avec une souche identique à 100 % séquencée dans les fruits. Une publication de 2026 dans Emerging Infectious Diseases décrit 24 patients aux Pays-Bas malades entre novembre 2024 et février 2025, avec l’ARN de la souche épidémique détecté dans des myrtilles surgelées d’une chaîne de supermarchés.
La Suisse n’est pas à l’écart. Le 28 juillet 2026, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a publié un avertissement pour des norovirus détectés dans un mélange de baies surgelées de 300 g vendu chez Lidl, avec retrait de la vente et rappel. L’office rappelle par ailleurs que 10 à 100 particules virales suffisent à transmettre un norovirus, et que la transmission par les aliments concerne surtout les produits crus ou non chauffés.
Ce que cela change en cuisine : portez les baies surgelées à ébullition une minute, laissez-les refroidir, puis recongelez-les avant de les mixer. Vous perdez un peu de vitamine C et de fermeté, vous gagnez la seule mesure qui inactive réellement ces virus. Cette précaution vaut surtout pour les personnes âgées, les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Les bananes, mangues et ananas que vous congelez vous-même après épluchage ne posent pas ce problème : ils ne sont pas en cause dans ces enquêtes.
Enfants et nourrissons : deux interdits précis
Deux ingrédients récurrents de ces recettes sont contre-indiqués chez les plus jeunes, et les recettes le mentionnent rarement.
Le miel ne doit pas être donné avant un an. Le NHS rappelle qu’il peut occasionnellement contenir des bactéries produisant des toxines dans l’intestin du nourrisson, ce qui provoque un botulisme infantile, une maladie grave.
Les fruits à coque entiers ne doivent pas être donnés avant cinq ans en raison du risque d’étouffement. Les purées d’oléagineux et les fruits à coque moulus sont en revanche utilisables dès la diversification, à condition d’être étalés ou mélangés à un aliment et non donnés seuls à la cuillère.
Ajoutons le sucre : le NHS ne fixe aucune limite chiffrée avant un an, parce que la recommandation est de n’en ajouter aucun. Un bol de fruits mixés n’est donc pas un dessert de nourrisson, quelle que soit la qualité des fruits.
La méthode, avec des chiffres à la place des impressions
Ce qui suit part de la matière sèche plutôt que du temps de congélation.
Congelez les fruits à plat, en morceaux de 2 à 3 cm, sur une plaque, avant de les transférer dans un contenant. Des morceaux séparés se mixent, un bloc soudé ne se mixe pas. Comptez au moins quatre heures ; ce qui compte n’est pas la durée mais le fait que le cœur soit à la température du congélateur.
Choisissez la banane à son stade le plus mûr. Pendant le mûrissement, l’amidon se convertit en sucres et la fermeté chute, ce que confirme le suivi des quatre stades de maturation publié en 2025 dans Plants : la fermeté décroît continûment et les solides solubles totaux s’accumulent progressivement du stade vert au stade tacheté. Une banane tachetée de brun se mixe mieux et sucre davantage à masse égale.
Visez 22 à 30 % de matière sèche. Concrètement, pour 300 g de fruits, ajoutez 15 à 25 g d’un ingrédient à haute matière sèche : purée d’amande, tahin, cacao non sucré, noix de coco râpée. Le tableau plus haut donne l’effet de chacun. C’est le seul levier qui agit vraiment sur la texture finale.
Limitez le liquide à 20 ml au départ. Chaque ajout dilue la matière sèche et vous rapproche du milkshake. Le lait de coco fait exception, puisqu’il apporte 24,9 % de matière sèche, mais aussi 16,5 g d’acides gras saturés pour 100 g : la base mangue-coco du tableau contient 9,9 g d’acides gras saturés, soit environ la moitié du repère quotidien de l’OMS pour un adulte de 2000 kcal.
Mixez par impulsions courtes, en raclant les parois. Un mixage long chauffe la préparation, fait fondre les cristaux et vous oblige à recongeler, ce qui produit des cristaux plus gros.
Servez immédiatement. Si vous devez conserver, étalez la préparation en couche mince dans un contenant plat et fermé, et sortez-la 10 à 15 minutes avant de servir. La couche mince réduit la distance à parcourir pour le froid, le contenant fermé limite la déshydratation de surface.
Respectez les règles de température. La FSA britannique recommande un congélateur autour de -18 °C, un réfrigérateur entre 0 et 5 °C, et un maximum de quatre heures hors froid pendant la préparation. Ne recongelez pas une préparation qui a totalement dégelé.
Deux bases pesées, avec leurs valeurs
Banane, fraise et amande. 200 g de banane mûre en rondelles congelées, 120 g de fraises congelées, 15 g de purée d’amande complète, le zeste d’un demi-citron. Mixez les fruits par impulsions, incorporez la purée d’amande en fin de mixage. Pour l’ensemble : 317 kcal, 38,6 g de sucres, 11,8 g de fibres, 79 mg de vitamine C, 111 mg de magnésium, 22,2 % de matière sèche. Les fibres atteignent 3,5 g pour 100 g, ce qui franchit le seuil de « source de fibres alimentaires » de l’annexe 13.
Banane, cacao et tahin. 240 g de banane mûre congelée, 10 g de cacao non sucré, 15 g de tahin, une pincée de sel. Mixez la banane seule d’abord, ajoutez le cacao, puis le tahin. Pour l’ensemble : 349 kcal, 37,6 g de sucres, 10,5 g de fibres, 6,3 mg de fer, 131 mg de magnésium, 31,0 % de matière sèche. C’est la seule base du tableau qui atteindrait le seuil de matière sèche d’une glace au sens de l’annexe 3, et c’est aussi celle qui reste la plus souple au congélateur. Le fer est en grande partie apporté par le cacao, dont la teneur atteint 48,5 mg pour 100 g selon Ciqual ; son absorption est fortement limitée par les phytates et les polyphénols du cacao lui-même, donc ce chiffre ne doit pas être lu comme un apport en fer utilisable.
Les erreurs qui reviennent
Compenser un manque de matière sèche par du temps. Une base à 13 % de matière sèche restera dure quelle que soit la durée de congélation. Le levier est l’ingrédient sec, pas le chronomètre.
Ajouter du liquide pour aider le blender. C’est la cause la plus fréquente de résultat trop coulant. Si l’appareil force, coupez les morceaux plus petits ou laissez-les tempérer trois minutes.
Traiter les sirops comme des alternatives saines. Sirop d’érable, sirop d’agave, miel et purée de dattes comptent tous parmi les sucres libres. Le sirop d’érable contient 62,6 g de sucres pour 100 g selon Ciqual, le sirop d’agave 70,2 g.
Mixer des baies surgelées importées sans les avoir chauffées. Trois enquêtes publiées et un avertissement du BLV en 2026 rendent cette précaution difficile à écarter, surtout si le dessert est servi à des enfants ou à des personnes fragiles.
Recongeler plusieurs fois la même préparation. Chaque cycle augmente la taille des cristaux. La mesure sur un mois montre une croissance de 18,5 à 27,5 micromètres avec un simple stockage stable ; des cycles de fonte et de regel accélèrent cela.
Cacher des légumes en pensant que c’est neutre. Une poignée d’épinards frais dans une base de fruits ne modifie pas sensiblement l’apport, parce que la quantité réellement consommée est faible au regard des 80 à 120 g d’une portion. Ce n’est pas nocif, ce n’est simplement pas la stratégie qui améliore une alimentation.
Ce que cet article ne peut pas dire
Les valeurs de composition proviennent de la table Ciqual 2020, qui est française. La teneur en sucres d’une banane varie avec le cultivar et le stade de maturité, celle d’une fraise avec la variété et la saison ; les écarts de 10 à 20 % par rapport aux valeurs du tableau sont normaux.
Les mesures de taille de cristaux citées portent sur une glace au concentré de lactosérum, pas sur une purée de fruits. L’ordre de grandeur et le mécanisme sont transposables, les valeurs absolues ne le sont pas.
Les seuils de l’annexe 3 sur les glaces comestibles décrivent des dénominations de vente. Ils sont utilisés ici comme repères de composition, pas comme obligation pour une préparation domestique.
Aucun des travaux cités ne mesure d’effet de santé d’un dessert de fruits mixés. Les chiffres de sucres libres, de fibres et de portions viennent de recommandations de santé publique, pas d’essais sur ce dessert précis.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment faire une nice-cream sans banane ? Oui, mais il faut compenser la matière sèche. La mangue est le meilleur substitut fruitier, à 18,9 % de matière sèche contre 24,2 % pour la banane. Les fruits rouges seuls ne suffisent pas et demandent un apport gras ou sec.
L’avocat améliore-t-il la texture ? Il apporte 205 kcal et 20,6 g de lipides pour 100 g, avec 29,7 % de matière sèche selon Ciqual. Il agit donc dans le bon sens, à condition d’assumer que le dessert devient nettement plus calorique.
Combien de temps se conserve une préparation maison ? La question de sécurité et la question de qualité sont distinctes. À -18 °C, la préparation reste sûre longtemps ; sa texture, elle, se dégrade en quelques jours à cause de la recristallisation. Comptez le jour même pour la texture idéale, deux à trois jours pour un résultat acceptable après tempérage.
Le sucre des fruits mixés compte-t-il vraiment comme sucre libre ? Selon la définition britannique adoptée en 2018 et reprise dans les recommandations du NHS, oui, dès lors que la structure du fruit a été rompue. L’OMS applique la même logique aux jus. Un fruit mangé entier ne compte pas.
Faut-il chauffer aussi les baies surgelées suisses ? Les enquêtes citées portent sur des baies importées et l’avertissement du BLV de juillet 2026 concernait un produit vendu en Suisse. La recommandation de chauffage cible les baies surgelées consommées crues en général, et elle est d’autant plus pertinente que le consommateur est fragile.
Peut-on écrire « sans sucres ajoutés » sur une préparation offerte ? Si vous n’ajoutez ni sucre, ni sirop, ni miel, ni purée de dattes, l’allégation correspond aux conditions du point 19 de l’annexe 13 de l’ordonnance sur l’information sur les denrées alimentaires, qui impose alors la mention « contient des sucres naturellement présents ».
Un blender puissant compense-t-il l’absence de sorbetière ? Il compense le broyage, pas le foisonnement. La revue de 2025 sur la fonte des glaces rappelle que l’air incorporé pendant le barattage influence la vitesse de fonte et la structure. Un blender n’incorpore pas d’air de manière stable, et c’est une limite qu’aucune puissance ne franchit.
Ce dessert compte-t-il dans les cinq portions quotidiennes ? Les recommandations nutritionnelles suisses de l’OSAV comptent deux portions de fruits par jour sur cinq portions de fruits et légumes. Le NHS limite explicitement jus et smoothies à une portion par jour au maximum, quelle que soit la quantité. Une purée de fruits suit la même logique.
Pour aller plus loin sur le site
Le décryptage du sucre et des alternatives naturelles reprend en détail la question des sirops et de l’index glycémique. Les sucres naturels comme la datte, l’érable et la lucuma sont examinés un par un, et un défi de trente jours sans sucre ajouté propose un cadre pratique.
Côté desserts glacés, la page consacrée aux desserts glacés végans, nice-cream et sorbets minute couvre le format rapide, et les desserts crus à base de dattes et de cacao partagent la même logique de matière sèche. Les desserts au tofu soyeux apportent une alternative protéinée.
Pour le matériel et la technique, voir comment bien choisir un blender et les recettes rapides au blender. Sur la congélation en général, les gestes anti-gaspillage pour congeler, lacto-fermenter et déshydrater et le stockage des fruits, légumes et légumineuses complètent le sujet. Enfin, les smoothies équilibrés traitent la même matière première dans un format bu plutôt que congelé.
Sources
- Ordonnance du DFI sur les denrées alimentaires d’origine végétale, les champignons et le sel comestible (RS 817.022.17), art. 17 à 20 et annexe 3
- Ordonnance du DFI concernant l’information sur les denrées alimentaires (RS 817.022.16), annexe 13
- Recommandations nutritionnelles suisses pour les adultes, OSAV
- Avertissement public du BLV, norovirus dans un mélange de baies surgelées, 28 juillet 2026
- Virus dans les denrées alimentaires, BLV
- Alimentation saine, fiche d’information de l’OMS
- Sugar: the facts, NHS
- 5 A Day: what counts, NHS
- How to get more fibre into your diet, NHS
- Foods to avoid giving babies and young children, NHS
- How to chill, freeze and defrost food safely, Food Standards Agency
- Table de composition nutritionnelle Ciqual 2020, ANSES
- A definition of free sugars for the UK, Public Health Nutrition 2018
- Non-heat-treated frozen raspberries the most likely vehicle of a norovirus outbreak in Oslo, Epidemiology and Infection 2016
- Hepatitis A outbreak linked to imported frozen strawberries, Eurosurveillance 2018
- Outbreak of Hepatitis A Linked to Frozen Blueberries, the Netherlands, Emerging Infectious Diseases 2026
- The Effect of β-Glucans from Oats and Yeasts on the Dynamics of Ice Crystal Growth, Foods 2025
- The Science of Ice Cream Meltdown and Structural Collapse, Comprehensive Reviews in Food Science and Food Safety 2025
- Cell Wall-Related Differentially Expressed Genes Reveal MaXTH32.5 Involved in Fruit Firmness During Banana Ripening, Plants 2025